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Par Martin Cleary
Quand on pense aux équipes sportives de l’Université Carleton, on devrait se souvenir à coup sûr d’une formation des Ravens : l’équipe masculine de basketball. Quand vous pensez aux noms associés à cette dynastie universitaire nationale du 21e siècle, ils sont nombreux : Mike Smart, Osvaldo Jeanty, Aaron Doornekamp, Tyson Hinz, Eddie Ekiyor, et Thomas et Philip Scrubb.
Bien qu’ils aient joué un rôle clé dans les systèmes offensifs et défensifs qui ont généré une quantité incroyable de victoires et un nombre effarant de titres provinciaux et nationaux, l’homme derrière le succès des Ravens est une personne qui n’a jamais marqué un seul panier.
Vous ne l’avez jamais vu se précipiter pour exécuter un panier smashé qui ébahit la foule, ni faire une passe adroite juste au moment où une ouverture vient de se refermer ni faire un lancer en toute confiance à la dernière seconde au chronomètre.
Son jeu de pieds et ses puissants mots d’instruction et d’encouragement pour ses joueurs demeuraient derrière la ligne de touche. Malgré qu’à l’occasion son excitation le faisait involontairement entrer sur le terrain pour contester la décision d’un arbitre, de vive voix, avec des expressions faciales et en agitant les bras.
L’homme derrière la fortune des Ravens était Dave Smart, le créateur de la plus importante dynastie sportive des grands sports universitaires canadiens. Il avait une passion extrême pour le jeu et une capacité de recruter des joueurs exceptionnels, ce qui est devenu un peu plus facile chaque année en accrochant successivement de nouvelles bannières de championnat national.
Une fois arrivés dans l’équipe, les joueurs restaient et respectaient leur chef, malgré son style d’encadrement démonstratif. Dave Smart a mis à profit ses compétences en basketball et en encadrement pour permettre à des étudiants et à des athlètes de se développer comme jeunes adultes, et pour former une équipe cohésive qui pourrait soit gagner gros, soit apprendre à se sortir de situations difficiles en gardant le sourire.
Le 13 mai, encore plus de gens seront tout sourire lorsque des joueurs, des représentants scolaires et des admirateurs se réuniront pour célébrer l’intronisation de Dave Smart au Temple de la renommée du sport d’Ottawa à l’hôtel Brookstreet de Kanata.
Nommé à neuf reprises entraîneur de l’année, il n’a pas seulement battu des records.
Dave Smart a été l’entraîneur principal de l’équipe masculine de basketball de Carleton pendant 19 saisons, de 1999 à 2019, à l’exception de la saison 20152016, au cours de laquelle il a pris une année sabbatique. Il a battu le record d’ancienneté précédent de 16 saisons détenu par son prédécesseur Paul Armstrong (entraîneur de 1983-1984 à 1998-1999). Dave Smart a été l’adjoint de Paul Armstrong pendant trois saisons (de 1996-1997 à 1998-1999) avant d’être embauché comme entraîneur-chef.
Tout au long de sa carrière d’entraîneur-chef, ses équipes ont affiché des résultats incroyables, que ce soit dans la colonne victoires-défaites ou quant au nombre de titres de championnat, de prix individuels ou de séries de victoires remportés.
Au cours des 17 dernières années, les Ravens ont remporté 14 championnats nationaux de basketball universitaire chez les hommes, dont sept consécutifs (20112017), égalant ainsi le nombre record de victoires consécutives des Vikes de l’Université de Victoria (1980-1986). Dave Smart était l’entraîneur lors de 13 de ces courses au championnat pour remporter le trophée W.P. McGee (2003-2007, 2009, 2011-2017, 2019), n’ayant manqué que le Final 8 de 2016 en raison de son congé sabbatique.
Le magicien du basketball Dave Smart n’est pas passé inaperçu, puisqu’il a remporté le Trophée commémoratif Stuart W. Aberdeen à titre d’entraîneur de sport universitaire national masculin de l’année à neuf reprises (2003, 2005, 2009, 2011-2014, 2017-2018).
Atteindre le tournoi du championnat national a été un exploit important, et pour y arriver, les Ravens ont dû affronter des adversaires colossaux dans la ligue des Sports universitaires de l’Ontario (SUO). Au cours de 18 de ses 19 saisons comme entraîneurchef, Dave Smart a mené les Ravens au fanion de la division Est et Nord de la ligue des SUO et, au cours de 8 de ces saisons régulières, l’équipe de Carleton est demeurée imbattable.
Lorsque les Ravens se sont rendus aux séries éliminatoires de la ligue des SUO, ils ont remporté 11 championnats avec Dave Smart comme entraîneur (2003-2005, 2008-2010, 2012-2013, 2015, 2018-2019).
Dave Smart a également joué un rôle de premier plan dans la cérémonie annuelle de remise des prix des SUO, en acceptant 12 prix d’entraîneur de l’année. Il a été nommé meilleur entraîneur de la division Est à 9 reprises (2001-2003, 2005, 2009, 2011-2014), à l’époque où la ligue honorait le meilleur entraîneur des divisions Est et Ouest. Après que SUO ait rendu ce prix officiel, Dave Smart l’a remporté 3 fois (2017-2019).
En tant qu’entraîneur-chef, le bilan global victoires-défaites de Dave Smart était des plus enviables. Il a encadré 757 parties, tant en saison régulière que lors des séries éliminatoires, des tournois et des matchs hors-concours à travers le Canada et les ÉtatsUnis, dont 656 victoires et 101 défaites, pour un pourcentage de réussite de 0,867. Il se classe au premier rang parmi tous les entraîneurs universitaires canadiens pour son pourcentage de victoire sur l’ensemble des parties et au troisième rang pour le nombre de victoires.
Parmi ses exploits, Smart avait établi un record de saison des SUO de 384-26, pour un pourcentage de réussite de 0,937. Le pourcentage en carrière de ses victoires dans les conférences en saison régulière le classe au deuxième rang parmi tous les entraîneurs nationaux et au troisième rang quant aux victoires.
Son record pour les séries éliminatoires des SUO et d’U Sports était tout aussi impressionnant : 90-12 pour une note de 0,882. Les Ravens sont demeurés invaincus pendant 3 saisons des SUO (saison régulière et séries éliminatoires) (28-0 en 2011-2012, 2004-2005 et 2003-2004). Au cours de la saison 20112012, les Ravens affichent 340 contre les établissements d’enseignement des SUO et d’U Sports. Il a également participé à 10 saisons où les Ravens n’ont perdu qu’un seul match contre des écoles canadiennes.
Il fut un temps (2002-2005) où les Ravens étaient intouchables, remportant un record canadien du sport masculin universitaire de 87 matchs consécutifs de ligue et de séries éliminatoires.
Le record de victoires par rapport aux défaites de Dave Smart contre les seules équipes universitaires d’U Sports, lors des matchs de saison régulière, de séries éliminatoires et de tournois était de 591-48, pour un pourcentage de 0,925, ce qui le place au premier rang national. Ses 591 victoires contre les universités canadiennes le classent au deuxième rang national par rapport aux 828 victoires attribuées à Steve Konchalski, qui a passé les 45 dernières saisons à l’Université Saint-Francis Xavier.
La ligue des sports universitaires de l’Université Carleton devrait remercier l’Université Queen’s d’avoir fait de Dave Smart son légendaire entraîneur en chef.
Âgé de 53 ans, Dave Smart est né à Kingston, a fréquenté l’Université Queen’s de 1991-1992 à 1993-1994 et a obtenu un baccalauréat ès arts en sociologie. Dans la même période, il était le joueur vedette de l’équipe de basketball des Golden Gaels, établissant un record scolaire pour sa moyenne de points par partie en carrière de 24,7. Il détient également le record de 43 points en une seule partie.
Au cours de sa deuxième année, Smart a été le meilleur marqueur de basketball universitaire canadien avec une moyenne de 29,4 points par match, une première pour un joueur de l’Université Queen’s. Il a été choisi dans la première équipe des étoiles des SUO au cours des 3 saisons.
Ainsi, lorsque Dave Smart a obtenu son diplôme, il avait un certain statut dans la communauté de basketball de l’Université Queen’s. Lorsque le poste d’entraîneur-chef est devenu vacant après la saison 1993-1994, il a posé sa candidature. Il avait déjà acquis de l’expérience comme entraîneur à l’école secondaire et dans des clubs.
Toutefois, le comité de sélection de Queen’s n’a pas retenu sa candidature pour l’emploi au sein de l’équipe de basketball masculin.
Alors qu’il était entraîneur à l’école secondaire de Nepean, son équipe a remporté un titre au niveau municipal et a participé au championnat provincial de la Fédération des associations du sport scolaire de l’Ontario. Il est ensuite retourné à Ottawa et a communiqué avec l’équipe de Carleton, où il s’est joint au personnel d’encadrement en basketball des Ravens, sous la direction de l’entraîneur en chef Paul Armstrong. Après avoir été entraîneur de recrutement en 1996-1997, il est devenu l’entraîneur adjoint numéro 1 au cours des 2 années suivantes.
Au moment où Paul Armstrong a pris sa retraite après la saison 1998-1999, parce qu’il ne voulait pas devenir entraîneur de carrière, Smart a posé sa candidature et a obtenu le poste.
Sa première saison sur le banc n’était pas un indicateur de ce qui allait se produire dans l’avenir. Les Ravens comptaient 14 joueurs, dont 7 recrues et 3 qui en étaient à leur deuxième année. Ils ont terminé troisième dans la division de l’Est des SUO avec un pointage de 11-9 et ont été défaits par les Voyageurs de l’Université Laurentienne durant leur seule partie au cours des séries éliminatoires.
La saison 2000-2001 a été une révélation pour les Ravens, qui ont obtenu un pointage de 211, remportant le fanion de la division de l’Est des SUO et 4 des 6 parties des séries éliminatoires, y compris la finale nationale de consolation pour la cinquième place. La dynastie était lancée.
« Dave était le choix évident à l’époque (comme entraîneur en chef) », a déclaré Paul Armstrong. « Ce qu’il a apporté à l’équipe, c’est qu’il était un véritable passionné de basketball. »
Lorsque Paul Armstrong a parlé de Dave Smart avec le directeur de l’équipe sportive de Carleton de l’époque, Drew Love, il a pris le risque de prédire audacieusement que le nouvel entraîneur mènerait l’équipe à une victoire au championnat national. Ils étaient tous les deux d’accord. Si Dave Smart avait entendu cela, il aurait peut-être appuyé cette prédiction de victoire d’un championnat après l’autre.
Un innovateur des deux côtés du terrain
L’histoire raconte qu’au moment où Dave Smart avait atteint l’âge de 30 ans, c’est-à-dire à peu près au moment où il s’est joint au personnel d’entraînement des Ravens, il avait déjà participé à titre d’entraîneur à 2 000 parties de basketball. Dave Smart a joué un rôle essentiel au sein des programmes des Guardsmen d’Ottawa, ainsi que des Guardsmen et du programme féminin de KingstonAddington. Il n’était pas rare qu’il participe à titre d’entraîneur à 9 parties en une seule fin de semaine.
Dave Smart a rejoint les Ravens avec un amour incontesté pour le basketball et une connaissance de toutes ses facettes. Il n’a jamais cessé d’apprendre. Lorsqu’il ne supervisait pas les Ravens, il était également entraîneur adjoint de l’équipe masculine canadienne de 2012 à 2016 sous la direction de Jay Triano, il a étudié sous la direction des entraîneurs de la NBA et de la NCAA et a été entraîneur en chef de l’équipe nationale canadienne des U18 en 2018 et de l’équipe masculine U20 de la Grande-Bretagne en 2012.
Sa connaissance du jeu et les victoires remportées année après année ont également facilité le recrutement pour Dave Smart. Néanmoins, il semblait être partout. Les joueurs le connaissaient et il connaissait certainement les joueurs, que ce soit au sein des équipes communautaires qu’il a entraînées ou des équipes de garçons de l’Ontario auprès desquelles il a œuvré pendant huit ans à titre d’entraîneur adjoint ou d’entraîneur-chef, y compris l’équipe des Jeux d’été du Canada de 1997.
« Il était un entraîneur de joueurs », a ajouté Paul Armstrong. « Il aimait les joueurs et faisait tout pour eux. Il était dur avec eux, mais les joueurs le respectaient en retour. »
« Quand on regardait les matchs de basketball des Ravens, que ce soit depuis les gradins ou à la télévision, on remarquait parfois un entraîneur passionné au banc des joueurs, c’était Dave Smart qui lançait des messages à ses joueurs ou qui critiquait les arbitres.
Mais il ne dépassait jamais la limite. Certains entraîneurs vont trop loin, mais quand Dave Smart s’adressait à l’arbitre, il connaissait ses limites », a dit Paul Armstrong. « Je vous parie qu’il n’a fait que deux fautes techniques (dans sa carrière). S’il s’avançait pour s’adresser à l’un des joueurs et que celui-ci ne répondait pas, il le retirait du jeu et c’est là qu’il lui parlait. »
Dave Smart regardait consciencieusement les vidéos des matchs; c’était un innovateur des deux côtés du terrain, ce qui donnait à ses joueurs cet avantage supplémentaire.
« Il regardait attentivement toutes les vidéos, cela dépassait l’entendement. S’il avait eu accès à la technologie d’aujourd’hui, il aurait envoyé cinq vidéos aux joueurs par courriel sur la façon dont Brandon réalisait son écran et glissement », a-t-il ajouté. « À minuit, il serait encore debout à réfléchir à la façon de défendre l’écran près du ballon de l’Université d’Ottawa. C’était à la fois une bénédiction et une malédiction. »
La répétition des exercices était un élément clé de ses entraînements et si les joueurs travaillaient fort lors des matchs d’entraînement, il leur promettait de ne pas devoir s’exercer sur la terre sèche. Dave Smart a également convaincu les joueurs de rester à Ottawa toute l’année pour s’entraîner, travailler dans les camps d’été de Carleton et renforcer l’unité de l’équipe.
Mais après avoir passé plus de 2 décennies à bâtir et à entretenir un programme de basketball superpuissant à Carleton, Dave Smart a quitté son poste d’entraîneur en chef 9 jours après avoir remporté son 13e titre et le 14e titre national de l’école en 2019. Carleton a récompensé Dave Smart en faisant de lui le premier directeur des opérations de basketball pour les programmes masculins et féminins, ce qui lui a également permis de passer plus de temps auprès de sa jeune famille.
Non seulement Dave Smart se familiarise-t-il avec un tout nouveau poste à Carleton, mais il a également assumé un autre rôle de gestionnaire en tant que premier directeur général de l’expansion de la Ligue canadienne élite de basketball, les Blackjacks d’Ottawa. La ligue est active de mai à août.
Nous verrons s’il peut bâtir une autre dynastie, mais cette fois en tant que directeur général.


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