Marina Zenk, intronisée au Temple de la renommée du sport d’Ottawa en 2020 : Une arbitre très respectée des matchs de la médaille d’or

Page d’accueil | Billets | Nouvelles | Intronisés | Nominations | À propos | Contact

Par Martin Cleary

Marina Zenk a atteint le sommet de sa remarquable carrière d’arbitre lorsqu’elle a arbitré le premier match de hockey féminin pour la médaille d’or aux Jeux olympiques de 1998.

Cependant, le parcours inexploré de son ascension a été ponctué par le doute, par une règle qui paraissait infléchissable, et finalement par le choc. Un an avant que le hockey féminin fasse son entrée aux Jeux olympiques, la toute petite arbitre très respectée de Gloucester a quitté le Championnat du monde de hockey féminin de 1997 à Kitchener-Waterloo, convaincue qu’elle ne serait jamais affectée aux Jeux olympiques.

La carrière d’arbitre de Marina Zenk était en déclin, et elle n’avait pas été choisie pour arbitrer aucun des deux matchs de demifinales ni celui de la médaille de bronze ou de la finale de son premier championnat du monde, qui comptait pour la première fois une équipe arbitrale composée exclusivement de femmes. Les évaluations qu’elle avait reçues pour sa ronde de parties étaient bonnes, mais pour la première fois de sa carrière, on ne lui avait pas assigné un match clé.

« J’étais démolie. J’en étais à mes premiers championnats du monde et je croyais ne plus avoir de chances de me rendre aux Olympiques », se rappelle Marina Zenk, qui a arbitré quatre parties au championnat mondial de 1997, y compris le match d’ouverture entre les ÉtatsUnis et la Norvège.

« Ce championnat mondial a été le dernier (championnat majeur) qu’a connu l’IIHF (Fédération internationale de hockey sur glace). Je suis partie déçue. Il était temps de plier bagage. Je me suis mise à réfléchir et à me demander : est-ce vraiment ce que tu veux encore faire? Je savais que quatre ans plus tard (Jeux olympiques de 2002), je n’y arriverais pas. J’avais mis ma carrière professionnelle en suspens, et mes jambes ne pouvaient tenir qu’un certain temps. J’avais eu la chance de profiter de nombreuses opportunités. »

Poursuivre sa route

Après avoir discuté avec ses pairs et travaillé très fort pour réussir dans les camps de sélection hors saison à Lake Placid, à New York, en Andorre et en Espagne, Marina Zenk s’est convaincue de ne pas mettre fin à sa carrière.

Au bout du compte, à 56 ans, Marina Zenk a non seulement été choisie comme l’une des deux arbitres féminines canadiennes pour les Jeux olympiques d’hiver de 1998 à Nagano, mais elle a également marqué l’histoire en arbitrant la toute première partie de hockey féminin aux Olympiques, entre la Finlande et la Suède.

Les arbitres ne sont pas différents des joueurs qu’ils surveillent avec un regard critique. Naturellement, Marina Zenk souhaitait être sur la glace pour le match de la médaille d’or. Sa carrière a été remplie d’une variété de finales de médailles d’or. Le règlement prévoyait cependant que le match de la médaille d’or ne pouvait pas admettre un arbitre de l’un ou l’autre des deux pays en jeu. Comme on pouvait s’y attendre, le Canada et les ÉtatsUnis s’affrontaient en finale. Marina Zenk savait qu’elle ne pouvait se rendre plus loin aux Olympiques qu’à la supervision du match de la médaille de bronze.

Le jour des deux matchs de médailles, Marina Zenk est allée prendre son petitdéjeuner en sachant qu’elle arbitrerait le match de la médaille de bronze entre la Finlande et la Chine. Mais une rencontre fortuite avec Bob Nadin, l’arbitre en chef de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) allait changer sa vie.

« Alors que j’allais prendre mon petitdéjeuner, j’ai rencontré Bob qui m’a dit : “Comment te sens-tu aujourd’hui?” Je lui ai dit que je me portais très bien. Il m’a répondu : “Tu fais le match de la médaille d’or.” », se remémore Marina Zenk, à propos de ce moment incroyable.

« J’avais participé à tant de finales et de parties importantes, puis j’avais une grande confiance en mes capacités. Ce n’était qu’un autre match entre deux équipes rivalisant pour un championnat. Je n’ai pas vu des amies jouer, j’ai vu des hockeyeuses. »

Bob Nadin s’est tourné vers Marina Zenk après que Manuela GrogerSchneider de l’Allemagne et Sandra Dombrowski de la Suisse sont tombées malades.

On s’est inquiété du fait qu’un officiel canadien soit l’arbitre de la finale engageant l’équipe canadienne. Mais tout s’est bien passé, et les ÉtatsUnis ont gagné la médaille d’or 31. Le jeu rapide et serré était relativement sans faute, puisque Zenk n’a accordé que 4 pénalités mineures aux ÉtatsUnis et 3 au Canada.

Avant que les joueuses américaines ne reçoivent leurs médailles d’or et les Canadiens celles d’argent, Marina Zenk a tranquillement quitté la glace, mais sans passer inaperçue.

« Je me souviens qu’en sortant de la glace, j’ai constaté que Rene Fasel (chef du comité d’arbitrage et maintenant président de la IIHF) était là. Il avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Il m’a serré la main. C’était probablement parce qu’il ressentait un profond soulagement. C’était la première fois qu’un officiel d’un pays (finaliste) arbitrait pour la finale et tout s’était bien passé. »

Quelques jours plus tard, Marina Zenk a rencontré Shannon Miller, l’entraîneuse en chef de l’équipe féminine canadienne, qui lui a également adressé ses félicitations pour ce fameux match.

Au terme des Jeux olympiques, Marina Zenk avait été l’arbitre de quatre matchs et juge de lignes d’une autre partie.

Le début de sa carrière

Les 15 ans de carrière d’arbitre de Marina Zenk ont commencé quand elle assistait aux matchs de hockey féminin au Collège Seneca, auxquels elle participait également comme joueuse. Angela James, une coéquipière du Collège Seneca et future intronisée au Temple de la renommée du hockey, l’a encouragée à décrocher un emploi à temps partiel comme arbitre pour les jeux intramuraux.

Au cours de ses quatre années comme hockeyeuse au Collège Seneca, Marina Zenk a fait sa marque sur la glace, en aidant ce collège de Toronto à atteindre quatre finales de hockey féminin de l’association sportive des collèges de l’Ontario (OCAA) et à en remporter trois (1984, 1985, 1987).

Comptant un point par partie lors de 4 saisons éliminatoires, Marina Zenk a terminé sa spectaculaire carrière de scoreuse en cinquième position dans l’histoire de l’OCAA avec 47 buts et 53 passes pour un total de 100 points. Elle a également été nommée au temple de la renommée de l’OCAA en 2013 ainsi qu’à l’équipe de hockey féminine du millénaire de l’OCAA.

Après le collège, Marina Zenk est retournée à Ottawa et a arbitré des matchs Bantam de haut niveau et Midget, qui se jouaient au même rythme que le hockey féminin. Son travail acharné et son dévouement lui ont valu de multiples affectations à des championnats provinciaux et nationaux, y compris de nombreux matchs de médailles d’or.

La première affectation internationale de Marina Zenk a été le championnat de qualification féminin asiatique pendant la saison 19931994 à Obihiro, au Japon. Elle a également obtenu des affectations internationales au championnat Pacific Rim, à la Coupe des quatre nations (deux) et au championnat européen de hockey féminin, groupe B.

Lorsque l’arbitre a pris sa retraite, elle a mis à contribution ses connaissances et son enthousiasme en travaillant bénévolement à l’administration de Hockey Canada, devenant ainsi la première coordonnatrice du développement pour les arbitres féminines.

« J’avais atteint une étape dans ma carrière où j’avais tout fait, et j’avais rempli un énorme engagement », a déclaré Marina Zenk, qui a remporté le Prix de la percée du hockey féminin de Hockey Canada en 2001 pour ses réalisations. « J’ai ressenti le désir de faire une différence dans l’administration et un poste (coordonnatrice du développement pour les arbitres féminines) a été créé. »

Elle a également été superviseure, instructrice et arbitre en chef de Hockey Canada, de l’association de hockey féminin de l’Ontario (OWHA), de l’association de hockey féminin du district d’Ottawa (ODWHA), de l’association de hockey du district d’Ottawa (ODHA) et de l’association de hockey mineur du district d’Ottawa (ODMHA).

En 1999, elle a accepté avec enthousiasme le rôle d’arbitre en chef et de superviseure de Hockey Canada pour les Jeux d’hiver du Canada à Cornerbrook (T.N.L.). À peu près à la même époque, on lui a demandé d’être arbitre au Championnat du monde de hockey féminin de 1999 à Espoo, en Finlande, en raison d’une pénurie de femmes arbitres. Elle a accepté sa deuxième affectation au Championnat du monde à une condition : qu’elle puisse tout de même superviser les Jeux d’hiver du Canada.

Tout s’est bien passé. Cette fois-ci, contrairement aux Championnats du monde de 1997 où elle n’était que spectatrice des matchs de médailles, Marina Zenk a arbitré le match de la médaille d’or mondiale de 1999 entre le Canada et les ÉtatsUnis.

« J’ai vraiment été stupéfaite », a dit Marina Zenk lorsqu’elle a été informée de son intronisation prochaine par Dave Best, le président du Temple de la renommée du sport d’Ottawa. « J’étais bouche bée. Surprise. J’ai été privilégié de travailler avec vous. Cela fait déjà un moment, et je n’arrive toujours pas à y croire. Je suis ravie et j’ai très hâte. Cela me dépasse. »

Marina Zenk sera intronisée au Temple de la renommée du sport d’Ottawa en tant qu’athlète et pionnière parmi les nouveaux membres de 2020-2021, le lundi 29 mars sur Rogers22 et YouTube. Joignez-vous à nous pour lui rendre hommage.

Leave a comment